

Nous sommes au cœur de l’hiver, quand les rayons du soleil se font de plus en plus présents tandis que les températures restent froides. Le matin, la lumière entre plus franchement dans le salon, mais mes mains cherchent encore la chaleur d’une tasse de thé fumante.
Pourtant, dans les paysages encore endormis, apparaissent les premiers signes du réveil de la nature. C’est le temps d’Imbolc, celui de la Chandeleur, où l’on fait sauter les premières crêpes annonciatrices de la sortie de l’hiver.

Laissez moi vous raconter Imbolc et ce qu’il représente dans la roue de l’année…
Imbolc est une des huit célébrations annuelles que nos ancêtres celtes honoraient. Basées sur l’observation de la nature, toutes ces célébrations étaient une ode au temps cyclique et faisaient office de calendrier agraire. Elles portent en elles un savoir simple, ancré dans le quotidien, que j’aime encore laisser entrer dans ma maison.

Imbolc, c’est le temps du réveil.
Il suffit d’aller se promener dans la nature et de s’approcher des branches nues des arbres, pour les voir couverts de bourgeons.
Le printemps se prépare à éclater de verts tendres et de premières fleurs.
A l’échelle des hommes, c’était un temps béni où par bonheur, on avait survécu jusque là à la rude épreuve qu’était l’hiver. Les réserves alimentaires commençaient certainement à s’épuiser et l’agnelage, qui commençait début février, apportait un peu de lait.
On célébrait cette diversification alimentaire en faisant des crêpes, rondes comme le soleil que l’on était heureux de retrouver.
Chez moi, Imbolc ne demande ni rituel compliqué ni symboles accumulés, mais simplement une attention renouvelée au vivant et à ce que l’on pose sur la table.
Ce temps du réveil, je le ressens aussi intérieurement, chaque année.
Comme dans la nature, quelque chose s’éveille en moi, mais reste encore fragile, à peine esquissé. Ce n’est pas le moment de m’activer, ni de vouloir tout accomplir trop vite. C’est le temps de donner une forme claire à ce qui m'appelle.

À la saison Verseau, je m'offre le temps de revenir à mon projet de l’année, avec attention.
Il s’agit moins de faire que de regarder, moins d’agir que de comprendre le terrain sur lequel on s’apprête à s’engager.
Cette année 2026, la saison Verseau a lieu du 20 janvier au 18 février. Verseau étant un signe fixe, c'est le moment de consolider ce qui a été initié en saison Capricorne (l'émergence du but de notre année) et de procéder à un grand brassage d'idées (signe d'air oblige!), pour laisser jaillir la meilleure façon de l'accomplir.
Concrètement, cette saison Verseau nous invite à :
clarifier le projet qui nous anime profondément cette année
en esquisser les grandes étapes, sans rigidité
identifier le rôle que nous allons avoir à y tenir
et penser la logistique nécessaire pour qu’il trouve sa place dans notre vie quotidienne
Cette cartographie n’a rien de figé. Elle laisse de l’espace à ce que la vie viendra proposer, mais elle offre déjà quelque chose de précieux : de la clarté.
Cette clarté, année après année, génère en moi ce véritable réveil intérieur, celui qui donne envie de concrétiser sereinement, quelque chose qui nous anime profondément.
C’est ce processus que j’accompagne dans Le Cercle des Cosy Créatives, un espace pensé comme une maison-refuge où l’on peut déposer ses projets, les regarder grandir, et leur offrir un cadre juste.
L’atelier de la saison Verseau permet précisément de réaliser cette reconnaissance du terrain, ensemble, dans un rythme respectueux.
Cette année, pour moi, ce réveil prend la forme d’un agenda saisonnier illustré. Il n’est pas encore temps de le créer pleinement, mais déjà de l’habiter en pensée, de lui préparer sa place, et de l’accompagner doucement vers le printemps.

Vivre et créer au rythme des saisons donne une toute autre saveur à nos projets: plus ancrée, plus vivante, plus respectueuse de notre qualité de vie.
Ce matin, j’y vois plus clair. Mon projet d’agenda saisonnier illustré a désormais une forme, encore fragile, mais suffisante pour me rassurer. L’excitation est là, mêlée à cette appréhension douce qui accompagne toujours les projets que l’on prend au sérieux.
Je referme mon carnet. Pour aujourd’hui, c’est assez.
À Imbolc (le 3 février cette année), j’aime marquer ce moment de clarté retrouvée par un geste simple. Ce samedi, panier au bras, je vais dès le matin au marché, à deux pas de la maison. Je choisis de bons œufs fermiers, et fais remplir mes bouteilles de verre de lait frais.
Cet après-midi, je passerai en cuisine pour préparer quelques crêpes. Une collation douce, partagée, pour célébrer ce passage discret mais essentiel de la saison.
Si le cœur vous en dit, je vous invite à vous joindre à moi.
Crêpes au lait frais, à la fleur d'oranger et zeste d'orange
10 minutes
1 heure en tout, environ
pour 13 crêpes environ
250g de farine de belle qualité
3 œufs fermiers à température ambiante
500ml de lait frais entier
1 cuillère à soupe de sucre fin
3 cuillères à soupe d'huile de colza
1 cuillère à soupe de fleur d'oranger
le zeste très fin d'1/4 orange non traitée
1 pincée de sel

1. Dans un grand saladier, versez la farine et le sel.
2. Creusez un puits et cassez-y les œufs.
3. Commencez à mélanger doucement, en incorporant le lait petit à petit.
Prenez votre temps : la pâte doit devenir lisse et fluide, sans jamais être battue.
4. Ajoutez le sucre, la fleur d’oranger, puis le zeste d’orange finement râpé.
5. Versez enfin l’huile de colza et mélangez délicatement jusqu’à obtenir une pâte soyeuse.
6. Laissez reposer la pâte au moins 1 heure, à température ambiante.
Ce temps de repos est essentiel pour des crêpes fines et souples.

7. Faites chauffer une crêpière légèrement huilée.
8. Versez une louche de pâte, faites-la courir dans la poêle, puis laissez cuire jusqu’à ce que les bords se détachent.
9. Retournez avec douceur (en songeant à votre projet de l'année accompli !)
Servez ces crêpes, idéalement encore tièdes, avec une confiture faite maison, du sucre blond, un peu de miel avec quelques gouttes de jus de votre orange.
Installez-vous près d’une fenêtre lumineuse pour les déguster... et savourez !
Elles célèbrent, avec vous, le retour discret mais certain de la lumière.
